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Le village d'Epierre est situé
sur les bords de l'Arc sensiblement à mi-chemin
entre la cité d'Aiguebelle et celle de la Chambre,
dans l'étroit goulet formé par les deux
hautes chaînes de montagne qui encadrent la
rivière de chaque côté. C'était
un des meilleurs verrous de la vallée de l'Arc
: aussi un puissant château-fort en assura-t-il
autrefois la défense.
On manque de renseignements précis sur les
origines de ce château qui aurait été
édifié au XII° siècle
et dont d'importants vestiges subsistent encore de
nos jours. Tout au plus sait-on qu'il appartenait
au XV° siècle à l'importante
famille de la Chambre dont l'un des membres Urbain
de la Chambre reçut le 13 Juillet 1419
l'investiture du Duc Amédée VIII.
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C'est Gaspard de Villane
qui hérita de la terre d'Epierre, élevée
entre-temps au rang de baronnie. Après lui,
ces lieux devinrent la propiété de Pierre
de Tignac qui avait épousé, en 1630,
Antoinette, fille d'un collatéral Etienne
Brunet. Pierre de Tignac mourut en 1658,
en laissant une fille Melchiote qui avait épousé
Gaspard de Verdon et prit elle-même,
le titre de baronne d'Epierre.
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Melchiote vendit le château d'Epierre
à Charles-Emmanuel de la Ville, sénateur
de Savoie qui le céda en 1673 avec
toutes ses dépendances à la commune d'Epierre.
A cette époque, la vieille forteresse était
déjà en fort mauvais état et ne pouvait
plus servir à grand chose, aussi fut-elle abandonnée
à son triste sort et continua-t-elle à s'effriter
tout doucement sous l'atteinte des ans.
En 1454, à la mort de Gaspard de
la Chambre décédé sans postérité,
le château d'Epierre passa à son neveu Aimon
de Seyssel, fils de Jean de Seyssel, Maréchal de
Savoie et de Marguerite de la Chambre, soeur de Gaspard.
Jean de la Chambre, petit-fils d'Aimon de Seyssel
prit en 1545 le titre de seigneur d'Epierre.
Son fils René mourut aux armées au
Piémont en 1552 et, par testament daté
de Vercel, légua le château d'Epierre à
son frère Jean. Ce dernier, le vendit le 14
Novembre 1576 aux nobles François et Jean
Brunet pour le prix de 34.000 florins et 400 florins
d'épingles. Il leur vendit aussi pour 12.000 écus
le fiel de la Chambre, qui aurait été érigé
en marquisat en 1553.
Le château d'Epierre passa ensuite à Jeanne-Louise,
fille de Jean Brunet qui épousa Jean de Livron
dont elle eu un fils, Louis, puis en secondes noces,
Gabriel de la Villane, dont elle eut deux fils Gaspard
et Claude.
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Les hautes murailles du château
sont, toutefois, restées solides sur leurs
bases et permettent de se faire encore une idée
de sa disposition intérieure.
Le château comportait au Moyen-Age deux bâtiments,
flanqués de tours, séparés par
une vaste cour rectangulaire et entourés de
fossés. Les murs qui longent le chemin public
ne datent manifestement que des derniers siècles,
mais celui qui regarde la cour, présente une
petite fenêtre en tuf, antérieure au
14ème s., et des rangées d'"opus
spicatum" qui rappellent le 12ème s.
Il est certain que cette maison forte n'a pas été
brûlée à la même époque
mais à plusieurs siècles d'intervalle.
Le premier bâtiment devait servir de logement
à la domesticité et contenait des granges
et des écuries ... On trouve encore dans les
murs crénelés qui surplombent la cour,
une petite fenêtre carrée en tuf, qui
parait antérieure au 14ème siècle.
Le second bâtiment était le plus important
et servait de logis au seigneur. Il était coupé
en deux à chaque étage par un corridor.
Au dessus de la porte d'entrée, au rez-de-chaussée,
le corridor du premier étage était éclairé,
à ses deux extrémités, par une
fenêtre ogivale en tuf dont les rayons et le
meneau à colonnettes et châpiteau indiquent
le XIV° siècle. La fenêtre
du côté de la cour est la mieux conservée.
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Les observations faites à l'intérieur
de château d'Epierre font conjecturer qu'il fut reconstruit
au XIV° et restauré au XVI°
et au XVII° siècle.
Les ruines encore imposantes du vieux château d'Epierre
permettent d'avoir une idée assez exacte de son aspect
d'autrefois. Et bien que l'histoire de ces lieux n'est marquée
par aucun fait mémorable, leur visite n'en laisse
pas moins une impression profonde, ne serait-ce que par
la majesté du site au sein duquel ces vieux murs
dressent leurs larges crénelures.
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