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Tissu industriel
de la Commune d'Epierre
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Les
usines anciennes : Atofina
Les
usines récentes implantées
sur la ZA des Remblais : Savoieplast
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| THERMPHOS |
04 79 59 35 18 |
| Usine Epierre |
Fax 04 79 96 39 49 |
| SELEM |
04 79 36 46 06 |
| ZA les Remblais |
Fax 04 79 36 41 84 |
| JEMAPLAST |
04 79 36 31 91 |
| ZA les Remblais |
Fax 04 7936 13 81 |
| SAVOIE
PLAST |
04 79 36 12 96 |
| ZA les Remblais |
Fax 04 79 36 18 29 |
| GMS
INDUSTRIE |
04 79 36 95 14 |
| ZA les Remblais |
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Société Jemaplast : Plasturgie
Vue extérieure, l'atelier des presses
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tri sélectif des ordures ménagères
assainissement collectif et station d'épuration
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| SCICCHITANO
Serge |
04 79 36 12 83 |
| Rue du Roc Rouge |
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| PERRI Pascal |
04 79 36 32 10 |
| Rue Montjoie |
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| Maçonnerie
Savoyarde |
04 79 36 12 60 |
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Fax. 04 79 36 16 59 |
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Les
usines récentes implantées
sur la ZA des Remblais : Selem (sous traitance d'électronique)
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| FONTAINE |
04 79 36 35 79 |
| Zone d'Activités des Remblais |
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| SARL
Transports Rey |
04 79 36 10 13 |
| Rue des Allobroges |
Fax 04 79 36 14 59 |
Transport MARTINEZ: |
Tél. 04 79 36 58 15 |
| Rue du Clos |
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Gros
plan sur la ZA Les Remblais |
| Surface totale |
7500 m² |
| Surface disponible |
25000 m² |
| Extension possible |
150000 m² |
| Emplois |
250 |
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La commune d'Epierre a
construit sur cette zone trois bâtiments Relais (Jemaplast,
Selem - Savoie Plast, GMS)
Contact pour les Affaires économiques : Jean-Luc
Reffet 1° adjoint |
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Les vieilles industries d'Epierre étaient la préparation
et le raffinage de la fonte, quelques taillanderies
et la fabrication des clous. La cémentation de
l'acier y acquit une réputation méritée.
Cette industrie du fer nécessitait l'industrie du
charbon de bois, qui occupait avec la descente du charbon,
la majeure partie de la population.
L'agriculture était très peu développée.
Malheureusement pour Epierre, le perfectionnement des procédés
de fabrication de l'acier ruina cette industrie. D'autre
part, la commune a su utiliser la force motrice de ses deux
torrents : une usine électro-métallurgique
est née. Elle fonctionne actuellement et produit,
au moyen de six fours électriques, du ferro-chrome,
métal employé pour durcir l'acier. Les matières
premières nous viennent de Turquie.
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Quand on fouille dans l'histoire de la commune
d'Epierre, on s'aperçoit très
rapidement que l'installation de l'usine de
phosphore n'est au fond que le maillon récent
d'une longue mémoire industrielle qui
plonge ses racines jusque dans l'antiquité.
Cette "ancienneté" plus encore
cette "permanence" de l'activité
industrielle constitue un exemple original
dans l'histoire de l'industrie savoyarde.
Peu de sites industriels offrent une telle "continuité"
historique et celle-ci n'est pas sans importance.
Elle explique, bien sûr, la création
même de l'usine, -nous l'avons vu dans
l'exposition, il n'y a pas de hasard dans le
choix de la Société Coignet en
1924-, mais elle a également des résonances
profondes dans le "comportement social"
de la classe ouvrière locale : des savoir-faire
très riches et divers, une syndicalisation
précoce et importante, une implantation
socialiste très ancienne (le canton
d'Aiguebelle est l'un des plus anciens bastions
de la gauche en Savoie).
  Mais revenons à l'histoire
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Epierre comme la plupart des villages avoisinants,
Argentine, Randens, Saint-Rémy..., connaît
donc très tôt une importante activité
industrielle. La présence dans cette
région de "minières"
de fer, de plomb argentifère et de cuivre,
va faire de toute la Basse-Maurienne le premier
et le plus important bassin minier et métallurgique
de la Savoie.
Les mines de Saint-Georges-d'Hurtières
(à 8 km d'Epierre) sont ouvertes dès
l'époque romaine. Les sources manquent
pour dire dans quelles conditions et par qui
étaient exploitées ces mines à
l'époque. Il faut attendre le premier
document officiel, un acte de 1344, pour
apprendre que la redevance sur le minerai extrait
revient pour moitié au Comte Amédée
VI de Savoie, pour l'autre au Seigneur
des Hurtières. On sait par le même
acte que ces mines sont librement exploitées
par les cultivateurs de la région et
que le minerai est ensuite revendu au seigneur
moyennant un "prix convenu" (c'est-à-dire
moins la redevance...).
Dans son ouvrage sur la Savoie industrielle,
Victor Barbier cite les notes qu'un voyageur
prit lors d'une visite aux mines de Saint-Georges.
C'est un témoignage précieux sur
l'exploitation d'une mine de Basse-Maurienne,
il y a quelques siècles :
"Ils vont en avant sans boussole, sans
aucun instrument de géométrie
suivant les filons quand ils tiennent, et le
quartz quand ils le cherchent ; ils font des
mines, font sauter le roc, l'étançonnent
là où cela est nécessaire,
mais rarement ils en ont besoin, et ils le font
avec plaisir, parce qu'ils croient que le roc
tendre annonce ce qu'ils appellent des salles,
ou des masses considérables de minerai.
Ils ne sont point incommodés par les
eaux, ni obligés à aucune galerie
d'écoulement ou de renouvellement d'air.
Au contraire, cette montagne est si criblée
de fentes qu'ils sont obligés de fermer
par des portes l'entrée de leurs galeries,
pour que le vent qui transpire de partout n'éteigne
pas leurs lampes.
Comme il n'est besoin ni de science, ni d'avances
considérables, et comme chacun est le
maître d'attaquer la montagne partout
où elle n'est pas actuellement occupée
par d'autres, tous les paysans s'en mêlent,
négligent la culture, donnent aux marchands
leur minerai au rabais les uns des autres, et
sont en dernier résultat presque misérables."
Le minerai est ensuite livré à
une "armée de paysans trieurs et
casseurs" puis aux "traineurs"
qui le font dévaler, nous dit-on, le
long "d'un effroyable couloir pavé
de blocs". Là au fond de la vallée,
il est débourbé et grillé
par des charrois ou traîneaux vers les
hauts fourneaux qui ont essaimé près
des mines.
Epierre possède le sien depuis le 9ème
s., construit, semble-t-il, par les Sarrazins.
Il n'apparaît toutefois dans les archives
qu'au 17ème s. Dans un document
du 6 septembre 1676, on apprend que la
communauté d'Epierre acquiert du baron
d'Epierre, le haut fourneau qui "de temps
immémoriaux, existait à l'entrée
des gorges du torrent des Fabriques" (aujourd'hui
appelé torrent de la Lauzière,
derrière l'usine actuelle).
Il faut imaginer ce haut fourneau comme une
immense marmite de 7 m de haut et 2.50 m de
diamètre autour de laquelle travaillent
une quinzaine d'ouvriers, la plupart paysans
d'Epierre, venus chercher là un complément
de ressources (l'ancêtre de l'ouvrier
paysan actuel). Il y avait les " appaneurs"
et les "brasquets" qui se relayaient
de 6 heures en 6 heures pour charger l'appareil
de charbon de bois et de minerai ainsi que les
"fondeurs" qui effectuaient les percées.
De nombreux enfants étaient emloyés
pour les petits travaux annexes.
Plusieurs techniques métallurgiques semblent
s'être succédées à
Epierre. Jusqu'au 13ème s., règne
ce qu'on appelle la "métallurgie
à un temps" (sans le relais de la
fonte). Le minerai de fer est broyé puis
placé dans de petits fourneaux. On y
ajoute le charbon de bois incandescent et la
combustion est activée par des soufflets
à bras. Le produit obtenu, un magma de
fer et de laitier est ensuite battu au martinet
(sorte de lourd marteau actionné par
la force motrice de l'eau) pour dégager
les scories. Ce procédé est vite
abandonné en raison du faible rendement
(20 kg de fer pour 50 kg de minerai).
A partir du 13ème s., on passe
par le relais de la fonte ou "gueuse"
comme on dit à l'époque, qui est
ensuite decarburée au martinet puis refondue
et moulée. Au 13ème s.,
on obtient à Epierre 3000 quintaux de
gueuse à chaque coulée (5000 quintaux
au 19ème s.). La plus grande partie
du produit est transformée en fer sur
place ou aux martinets de La Praz, Saint-Rémy
et La Corbière. Une autre partie est
livrée vers la France dans les aciéries
de l'Isère ainsi que dans le Piémont.
C'est autour de ce haut fourneau, ascensé
au 18ème s. à la Compagnie
des Bonvillard, que va s'ébaucher
la classe ouvrière d'Epierre. S'il est
vrai que l'appareil lui-même n'emploit
que peu de main d'oeuvre et ne fonctionne que
cinq mois par an, il est à l'origine
d'une multitude d'activités annexes.
Le charbonnage tout d'abord : au 18ème
s., à Epierre, plus de 100 bûcherons
travaillent à la fabrication du charbon
de bois. En aval du four, la transformation
du fer entraîne l'apparition de nombreux
ateliers : fonderies, forges, clouteries, taillanderies,
armureries, fabriques d'outils... (malgré
l'importance de l'activité industrielle,
l'essentiel du revenu des habitants d'Epierre
au 18ème siècle est encore
d'origine agricole). Les conditions de travail
sont, on l'imagine, très difficiles.
Un cloutier, par exemple, peut entrer à
la fabrique dès l'âge de huit ans
. La journée de travail commence à
2 h du matin et se poursuit jusqu'à 20
h avec deux pauses courtes à 8 h et 14
h.
Les fonderies d'Epierre, démolies
en 1740 par des inondations et reconstruites
un peu plus en aval dans la plaine, vont lentement
péricliter au long du 19ème
s. Elles disparaissent vraissemblablement
entre 1870 et 1880. A cette époque,
la transformation dans les procédés
de fabrication de la fonte et de l'acier favorise
le traitement du minerai phosphoreux de Lorraine
au détriment de celui de la Basse-Maurienne.
Les mines des Hurtières sont abandonnées
en 1886.
Ainsi se ferme l'histoire métallurgique
d'Epierre qui aura duré au total plus
de 10 siècles. Va s'ouvrir une période
d'intérim pendant laquelle le village
retrouve le véritable visage agricole
d'une commune savoyarde du 19ème s.
: de petites exploitations, quelques moulins
et battoirs, une ou deux scieries, un moulin
à huile de noix, une carrière
de pierre très ancienne d'où la
commune a d'ailleurs tiré son nom. L'émigration,
relativement modérée du fait de
la présence de la fonderie va s'accélérer.
Cette période durera une trentaine d'années
jusqu'à ce que la révolution de
la houille blanche vienne à nouveau relancer
l'activité industrielle.
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Fin du 19ème s. Le train et l'électricité
sont à l'origine d'un vaste mouvement
industriel qui touche la plupart des vallées
savoyardes. Des centrales accompagnées
d'industries de transformation électrochimiques
et électrométallurgiques s'implantent
un peu partout en Maurienne. Epierre ne restera
pas à l'écart de cette révolution
industrielle.
En 1898, les Frères Rochette,
originaires de la région, équipent
le torrent de la Lauzière et installent
dans les anciens bâtiments des fonderies
une centrale et plusieurs fours électriques.
De 1898 à 1924, vont se succéder
dans cette usine, toute une gamme de fabrications
électrochimiques et électrométallurgiques
: carbure de calcium, tungstène en poudre,
ferro-chrome, aluminium... On y fabriquera même
des obus (1916-1918) en liaison avec
l'usine d'explosifs de la Corbière dirigée
successivement par la "Cie Davey, Bickford,
Smith" et la "Société
Universelle d'explosifs".
Un retraité se souvient. Il avait 15
ans à l'époque et travaillait
au perçage des douilles :
"On recevait des barres d'acier de 4
m de long qu'on cassait en morceaux de 15 cm
environ. Les ouvriers prenaient ces morceaux
et les mettaient dans le four. On les faisait
rougir. Quand c'était blanc, ils les
tiraient avec un crochet et nous, moi j'étais
chargeur, on les mettait dans la machine ; la
première machine, elle perforait jusqu'au
fond à 2 cm. Une autre machine allongeait
la pièce de moitié plus. Puis
les douilles étaient expédiées
à Ugine. Dans l'usine, il n'y avait que
des femmes et des enfants de 13, 15 ans ; c'était
la guerre... Tous les jeunes travaillaient.
Il n'y avait pas d'hommes à part quelques
mutilés qui étaient revenus."
Pendant toute cette période, l'usine
passera entre diverses mains : la Société
Rochette, Péchiney, Giraud Joya et la
Société pour l'électrométallurgie
du zinc. Elle s'arrêtera plusieurs fois,
repartira mais n'occupera jamais plus d'une
trentaine d'ouvriers paysans (sauf pour la période
exceptionnelle des obus où l'on comptera
plus de 300 femmes et enfants).
L'horaire de travail en vigueur à l'époque
est de 11 heures par jour pour les "ouvriers
de journée", 8 heures pour les "postés"
avec un seul dimanche de repos par mois. La
législation sociale est inexistante.
Pas de conventions collectives (1936),
pas de congés payés, aucune assurance
sociale (1928-1945). On travaille le
samedi et les salaires sont dérisoires,
8 sous de l'heure (40 cts) ; la plaquette de
beurre coûte à l'époque
70 cts, l'équivalent de 2 heures de travail.
Ecoutons encore :
"... Aux obus, on travaillait de 6 heures
du soir à 6 heures du matin. On avait
une heure de repos à minuit. Quand j'habitais
le Soya, là-haut, quand il fallait monter
la matin à 6 heures, on pouvait plus
marcher. On avait sommeil ! Alors on dormait
un peu ; après le père, il disait
: allez ! il faut bien travailler, il y a le
champ à faucher..."
  En 1924, les bâtiments
de l'usine sont revendus à la Société
Coignet...
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