Le territoire de la commune d'Epierre paraît avoir été
habité dès la plus haute antiquité par
une tribu (Médules ? ou Bramovices) de la confédération
des Allobroges. Ils luttèrent contre Annibal, à
son passage des Alpes (Petit-Moncenis), furent conquis par
les Romains,
50 ans avant J.C. comme le restant de
la Gaule et firent partie de la
province de Suze, comme toute la Maurienne.
La Maurienne fut envahie
au 9ème et 10ème s., d'abord par
les Arabes ou Sarrazins. Epierre fut probablement doté
par eux, à cette époque, de fer et de martinets
dont les matières premières (minerai de fer)
étaient tirées des mines de Saint-Georges-d'Hurtières.
"Aypierre" fut une
baronnie indépendante
du marquisat de La Chambre, vassal du Comté de
Maurienne et sa garnison forte, qui est le
château
actuel en ruines, tombe des marquis de La Chambre, à
leurs suzerains, les Comtes de Maurienne, ducs de Savoie,
qui s'y installèrent comme barons avec tous les droits
féodaux dûs aux nobles de Seyssel d'Avilane,
aux de Ville, aux Brunet, qui l'achetèrent. "
Tant
de son altesse royale que de Jean, Marquis de la Chambre,
pour le prix de 34000 Francs et 400 florins d'épingles,
la seigneurerie d'Epierre et la rente du Villaret".
La baronie d'Epierre passa de
Jean Brunet à
sa fille, unique héritière. Celle-ci épousa
Jean de Levron, dont elle eu un fils et en secondes
noces
Gabriel de Villiane, dont elle eut deux fils.
Gaspard de la Villiane hérite du château
et du titre "
Seigneur
et baron d'Epierre".
La seigneurerie et le château d'Epierre étaient
déjà, paraît-il passé à
Pierre de Tignac, qui avait épousé en
1630, Antoinette fille de noble Brunet et était
mort le
25 août 1658, n'ayant eu que des filles.
Son héritière épousa
Gaspard de Verdon,
écuyer, seigneur de Chablais et de la Corbière,
elle prit le titre de
baronne
de Bois d'Epierre. Les deux époux vendirent
la seigneurerie à
noble Emmanuel de Ville, conseiller
de S.A.R. et sénateur au souverain sénat de
Savoie, pour le prix de 34000 Florins et 400 florins d'épingles.
Le château d'Epierre fut
assiégé souvent
du 16ème s. au 17ème s. Le Mont fut occupé
en
1598 par Bertrand de Seyssel, marquis de la Serraz,
avant la bataille de Cuines et par les troupes sardes en
1793,
lors du retour offensif du marquis de Cordon en Maurienne.
Ces troupes furent chassées par l'artillerie du
Général
Herbin, placé en face sur le plateau de Saint-Alban.
Epierre fut
affranchi le
2 septembre 1861 au prix de 27000 florins, monnaie
de Savoie. En
1676, Epierre acquit les hauts-fourneaux
à fondre le minerai de fer, un martinet et deux batteries
pour l'ouvrier. Elle alimenta ces établissements au
moyen du charbon de bois qu'elle tirait de ses forêts,
des bois communaux et particuliers des communes environnantes
; elle acheta le minerai des particuliers qui faisaient exploiter
les mines de Saint-Georges-d'Hurtières. Ces usines
tombèrent par la suite en ruines. En
1784, la
commune acquit pour 31000 livres, tous les biens et droits
y attachés de la
famille Salomon, trésorier
de la province de Maurienne. Pendant la Révolution,
le curé, le maire et le procureur de la commune émigrèrent.
Le
17 frimaire an II, on parla d'établir pour
la première fois une
école à Epierre.
Le maire et les municipaux d'Epierre proposent d'installer
cette école "
derrière la commune de
la Chapelle". Le
4 ventose an II, on donne
l'entreprise du nivellement du clocher.
Le blocus continental eut son contre-coup à Epierre
en
1812. A cette date fut rendue obligatoire la culture
de la betterave sucrière.
En
1825, la population était de
310 habitants,
dont 22 crétins et 8 imbéciles.
La richesse de la commune vient de ses hauts-fourneaux, de
ses forêts qui les alimentent en combustibles et de
biens ruraux qu'elle avait acquis des Salomon. Les finances
prospèrent, surtout de
1815 à 1860, elles
suffisaient non seulement à payer les charges communales
mais encore les contributions des habitants.
Epierre est divisée, par rapport à la richesse
de ses habitants en trois classes :
    1° les riches propriétaires
fonciers payant plus de 200 francs de contributions et ayant
de grosses maisons bourgeoises
    2° les petits propriétaires
    3° la
classe
ouvrière et les
agriculteurs.
Depuis une trentaine d'années, la commune d'Epierre
s'est notablement transformée et améliorée.
Tout un quartier s'est construit au chef-lieu (L'Etraz), vers
la gare où se concentre
les
commerces. Les fabriques, abandonnées et démolies
en
1893, se sont transformées en une
usine
électro-dynamique, avec une force de 4000 chevaux
pour la fusion du ferro-chrome. Cette force est produite par
la canalisation,
en 1898, du ruisseau des Fabriques,
ce qui a produit une chute de 513 mètres de hauteur.
La prise d'eau se trouve aux Châlets du Plan du Tour.
Cette usine appartient et a été constuite par
M.M. Rochette Frères. Elle fournit l'éclairage
public gratuitement et l'éclairage particulier moyennant
un abonnement.
Toute la commune est abondamment pourvue d'eau potable canalisée
spécialement le chef-lieu.
La commune est également desservie par de
nombreux
chemins : la route nationale n°6 qui longe l'Arc,
le chemin de fer du Rhône au Montcenis avec une gare
où s'arrête tous les trains, le chemin de grande
communication n°7 d'Allevard à Epierre, et un certain
nombre de chemins vivinaux ou ruraux.
Les ruisseaux des Fabriques et des Moulins ont plusieurs fois
débordé et recouvert la plaine d'alluvions,
notamment en
1740 et tout récemment en 1898 et 1903.