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Epierre
   

       Epetra (12ème s.) - Aypera (1262)


(1285)

Aipera (1127) est une graphie fantaisiste pour Epera ou Expera (le hameau qui est entouré de roches).

    En latin : petra

    En roman : pera = pierre

La citation de 1127 semble rappeler un plus ancien "ad petram".

Habité dès la plus haute antiquité par les Médules ou Bramovices de la confédération des Allobroges.

Lutta contre Annibal à son passage et fut conquis par les Romains 50 avant J.C.

Envahi au 9ème et 10ème s. par les arabes ou sarrazins à qui, il doit, probablement ses fonderies de fer, et martinets, alimentés par le minerai des Hurtières (outils en fer pour l'agriculture 1790) au 18ème s., entrepôt de sel.

Affranchissement partiel de la communauté en 1676. On n'a pu trouver trace d'école à Epierre avant la révolution de 1789. D'ailleurs, alors que l'instruction était très développée dans la Haute-Maurienne, la Basse-Maurienne paraît avoir été très en retard et avoir beaucoup d'illétrés.

Le Mont fut occupé en 1598 par Bertrand de Seyssel, marquis de la Serraz et en 1793 par le marquis de Cordon. En 1812, culture obligatoire de la betterave sucrière. De 1815 à 1860, finances prospères permettant de payer les contributions des habitants.

Superficie : 1787 Ha dont 928 Ha de forêts. Climat tempéré, hivers cléments, peu de neige.

Hauts fourneaux, clouteries, taillanderies, charbonnage jusqu'en 1893 (démolies). Usine de ferrochrome en 1898. Chute de la Lauzière, La Rochette, chaîne granitique Mont Blanc / Grenoble. Lit de l'Arc endigué en 1810.

Mairie construite en 1850. En 1902, la vieille église est abandonnée après avoir été classée, elle possédait encore des oeuvres d'art.
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Le nom de la commune lui est dû pour sa position vers deux promontoires rocheux, celui de la chaîne de Saint-Léger et de Saint-Pierre-de-Belleville et celui du Mont d'Epierre qui en ont fait de tout temps une position stratégique et l'on fait appeler : les Thermopyles de la Maurienne.

Les habitants sont les épierrains. La population de la commune a varié dans les temps modernes de 500 à 700 habitants. Elle est actuellement de 680. Le vôte en 1860 a été de 136 oui contre 6 non sur 135 électeurs inscrits.
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Le territoire de la commune d'Epierre paraît avoir été habité dès la plus haute antiquité par une tribu (Médules ? ou Bramovices) de la confédération des Allobroges. Ils luttèrent contre Annibal, à son passage des Alpes (Petit-Moncenis), furent conquis par les Romains, 50 ans avant J.C. comme le restant de la Gaule et firent partie de la province de Suze, comme toute la Maurienne.

La Maurienne fut envahie au 9ème et 10ème s., d'abord par les Arabes ou Sarrazins. Epierre fut probablement doté par eux, à cette époque, de fer et de martinets dont les matières premières (minerai de fer) étaient tirées des mines de Saint-Georges-d'Hurtières.

"Aypierre" fut une baronnie indépendante du marquisat de La Chambre, vassal du Comté de Maurienne et sa garnison forte, qui est le château actuel en ruines, tombe des marquis de La Chambre, à leurs suzerains, les Comtes de Maurienne, ducs de Savoie, qui s'y installèrent comme barons avec tous les droits féodaux dûs aux nobles de Seyssel d'Avilane, aux de Ville, aux Brunet, qui l'achetèrent. "Tant de son altesse royale que de Jean, Marquis de la Chambre, pour le prix de 34000 Francs et 400 florins d'épingles, la seigneurerie d'Epierre et la rente du Villaret". La baronie d'Epierre passa de Jean Brunet à sa fille, unique héritière. Celle-ci épousa Jean de Levron, dont elle eu un fils et en secondes noces Gabriel de Villiane, dont elle eut deux fils. Gaspard de la Villiane hérite du château et du titre "Seigneur et baron d'Epierre".

La seigneurerie et le château d'Epierre étaient déjà, paraît-il passé à Pierre de Tignac, qui avait épousé en 1630, Antoinette fille de noble Brunet et était mort le 25 août 1658, n'ayant eu que des filles. Son héritière épousa Gaspard de Verdon, écuyer, seigneur de Chablais et de la Corbière, elle prit le titre de baronne de Bois d'Epierre. Les deux époux vendirent la seigneurerie à noble Emmanuel de Ville, conseiller de S.A.R. et sénateur au souverain sénat de Savoie, pour le prix de 34000 Florins et 400 florins d'épingles.

Le château d'Epierre fut assiégé souvent du 16ème s. au 17ème s. Le Mont fut occupé en 1598 par Bertrand de Seyssel, marquis de la Serraz, avant la bataille de Cuines et par les troupes sardes en 1793, lors du retour offensif du marquis de Cordon en Maurienne. Ces troupes furent chassées par l'artillerie du Général Herbin, placé en face sur le plateau de Saint-Alban. Epierre fut affranchi le 2 septembre 1861 au prix de 27000 florins, monnaie de Savoie. En 1676, Epierre acquit les hauts-fourneaux à fondre le minerai de fer, un martinet et deux batteries pour l'ouvrier. Elle alimenta ces établissements au moyen du charbon de bois qu'elle tirait de ses forêts, des bois communaux et particuliers des communes environnantes ; elle acheta le minerai des particuliers qui faisaient exploiter les mines de Saint-Georges-d'Hurtières. Ces usines tombèrent par la suite en ruines. En 1784, la commune acquit pour 31000 livres, tous les biens et droits y attachés de la famille Salomon, trésorier de la province de Maurienne. Pendant la Révolution, le curé, le maire et le procureur de la commune émigrèrent.

Le 17 frimaire an II, on parla d'établir pour la première fois une école à Epierre. Le maire et les municipaux d'Epierre proposent d'installer cette école "derrière la commune de la Chapelle". Le 4 ventose an II, on donne l'entreprise du nivellement du clocher.

Le blocus continental eut son contre-coup à Epierre en 1812. A cette date fut rendue obligatoire la culture de la betterave sucrière.

En 1825, la population était de 310 habitants, dont 22 crétins et 8 imbéciles.

La richesse de la commune vient de ses hauts-fourneaux, de ses forêts qui les alimentent en combustibles et de biens ruraux qu'elle avait acquis des Salomon. Les finances prospèrent, surtout de 1815 à 1860, elles suffisaient non seulement à payer les charges communales mais encore les contributions des habitants.

Epierre est divisée, par rapport à la richesse de ses habitants en trois classes :

        1° les riches propriétaires fonciers payant plus de 200 francs de contributions et ayant de grosses maisons bourgeoises
        2° les petits propriétaires
        3° la classe ouvrière et les agriculteurs.

Depuis une trentaine d'années, la commune d'Epierre s'est notablement transformée et améliorée. Tout un quartier s'est construit au chef-lieu (L'Etraz), vers la gare où se concentre les commerces. Les fabriques, abandonnées et démolies en 1893, se sont transformées en une usine électro-dynamique, avec une force de 4000 chevaux pour la fusion du ferro-chrome. Cette force est produite par la canalisation, en 1898, du ruisseau des Fabriques, ce qui a produit une chute de 513 mètres de hauteur. La prise d'eau se trouve aux Châlets du Plan du Tour. Cette usine appartient et a été constuite par M.M. Rochette Frères. Elle fournit l'éclairage public gratuitement et l'éclairage particulier moyennant un abonnement.

Toute la commune est abondamment pourvue d'eau potable canalisée spécialement le chef-lieu.

La commune est également desservie par de nombreux chemins : la route nationale n°6 qui longe l'Arc, le chemin de fer du Rhône au Montcenis avec une gare où s'arrête tous les trains, le chemin de grande communication n°7 d'Allevard à Epierre, et un certain nombre de chemins vivinaux ou ruraux.

Les ruisseaux des Fabriques et des Moulins ont plusieurs fois débordé et recouvert la plaine d'alluvions, notamment en 1740 et tout récemment en 1898 et 1903.
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Le chef-lieu est le hameau de l'Etraz, anciennement les Trats. Depuis l'endiguement de l'Arc (1810), le chef-lieu tend à s'accroître. Il se construit chaque année des bâtiments vers la gare sur l'ancien lit de l'Arc.

La maison communale renferme la Mairie, les écoles, la fruitière communale, les granges et les écuries de la ferme communale. C'est un gros massif de maçonnerie sans caractère architectural, malgré ses lourdes arcades. Elle fut reconstruite en 1850, après un incendie pour servir d'écoles et de maison fermière ; elle ne répond plus, même après plusieurs transformations notables, à sa principale destination. Elle a coûté 40000 Francs.

    L'église, la cure et le cimetière ancien étaient au hameau de l'Eglise, reliés au Château par une enceinte de murs aujourd'hui disparus mais dont on a retrouvé les traces en creusant la canalisation d'eau potable actuelle (1899) et c'est regrettable. Elle possède quelques travaux d'art qui ne devraient pas disparaître.

    L'église, la cure et le cimetière actuels sont de construction très récentes.
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Les hameaux sont : L'Etraz ou chef-lieu, l'Eglise qui comprend le Château en ruines et l'ancien cimetière, la maison Favergeat , ancienne famille d'Epierre, originaire de la Bourgogne, 11ème s. Ce hameau, ainsi que les fabriques situées anciennement à l'entrée des Gorges de la Combe des Fabriques, fut inondé en 1740 par ce torrent. Les Fabriques comprenaient non seulement la fonderie, mais les forges d'acier de cémentation, les plus anciennes et les plus renommées de la Savoie, et un grand nombre de clouteries. Elles furent reconstruites en aval dans la plaine, mais ne comprenaient plus que les hauts-fourneaux, les Moulins sur le torrent du même nom, le Mollard, le Tardy, le Collombet, les Côtes, l'Ilsine, le Concham et le Mont, ferme isolée.

    Le 15 août est la fête patronale de la commune et le lendemain celle du hameau de l'Etraz.
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